Le symptôme sexuel
Les dysfonctionnements sexuels ne sont pas une malédiction tombée du ciel, ils s’inscrivent dans une histoire, celle de la personne qui en souffre, mais aussi parfois dans celle de ses ascendants, de sa famille, de sa culture. Aussi le symptôme sexuel appartient-il souvent tout autant à un couple, à une famille, qu’à celui qui le porte.
Notre sexualité, que nous croyons exercer librement, est en fait « formatée » par notre milieu et l’héritage inconscient, familial et culturel, dont nous sommes porteurs.
A tel point que la grande majorité des auteurs (psychanalystes et autres) reconnaît dans les perturbations de la prime enfance le terreau qui déjà porte en germe les futurs dysfonctionnements sexuels ; parce que les troubles relationnels de cette époque peuvent susciter des peurs inconscientes qui gêneront le franchissement des grandes étapes maturatives ultérieures dont seul le dépassement permet d’inscrire la sexualité sous le signe du partage et de l’altérité.
Bien sûr, les traumatismes, quel que soit l’âge auxquels ils surviennent, sont une cause fréquente de difficultés sexuelles : ils peuvent être à l’origine de réactions émotionnelles incontrôlables (participant parfois d’un véritable syndrome de stress post-traumatique), comme, à l’inverse, d’une insensibilité émotionnelle voire d’une anesthésie génitale.
Par le symptôme sexuel, le corps « parle » : il exprime une mémoire émotionnelle sans mots, réactivée par certaines circonstances de vie et certains vécus relationnels.
On comprend qu’en dehors d’une pathologie organique avérée la médecine n’ait rien à dire face à un dysfonctionnement sexuel et que la personne qui en souffre ait intérêt à consulter un psychothérapeute spécialisé dans l’approche de ces troubles.